14.02.2006

La suite...

>>> zoopôlitikon

06.07.2005

Nevermind

Ça y est, enfin, la comète des jeux est tombée aux alentours de Londres, cette cité gigantesque qui recèle son lot de types en costard-cravate toujours sur la ligne de départ pour le bus qui les menera depuis leur bureau de la City au pub le plus proche (ne demandez pas pourquoi ils prennent le bus, c'est une logique d'un autre âge: ils veulent faire marcher les services publics, les anglais! eh oui!). Bah oui, même les flics là-bas le disent: on travaille toujours mieux complètement bourrés. Daru, envoyé spécial, peut vous assurer que ce soir, en ce moment même, ils s'en donnent à coeur joie ces anglais bourrés.

Reste Paris, dont tout le monde dit qu'elle vient de perdre. mais elle perd quoi, bordel? Vous vous prenez pour le centre du monde ou quoi? Une ville, la capitale de la France, ne remporte pas les jeux et déjà c'est un remake (en moins bon quand même, n'est-ce pas) du 29 mai 2005, un autre "non" mais cette fois-ci dans l'autre sens? Les français ont été punis, c'est ça?

Bon dieu mais c'est bien sûr, on aurait voté "Oui", on aurait eu les JO en 2012 et puis on aurait eu la comète qui nous serait tombé sur la gueule, on aurait eu Sarkozy en 2007 (quoique ça, j'avoue il y a des risques pour qu'on l'ait malgré tout...), on aurait eu la canicule en janvier, on aurait eu un brain-drain dans le sens "New York-Paris", bref tout aurait mieux dans le meilleur des mondes. Mais là, c'est la spirale des échecs, la France a voté "Non" le 29 mai, on vote "Non" contre elle le 6 juillet. Mais oui. Ah, au fait, les Anglais, ils auraient voté quoi à la Constitution de Cactus, en admettant que le referendum ait eu lieu? Bah très certainement "Non" à 85% mais bon ça, hein... c'est comme les bonnes notes en anglais de M. B, on en parle pas (même pas vexé).

Tout ce cirque (et ce fut VRAIMENT un cirque) du "Paris 2012, l'amour des jeux" est bel et bien fini, pour le plus grand bonheur de Daru. Un cirque dis-je, parce qu'à Paris aujourd'hui, Daru (bien que n'ayant pas pu prendre une photo du cirque) vous assure que devant l'Hôtel de Ville de Paris, il y en avait du monde pour gueuler "Oui aux JO" devant une scène vide avec des écrans géants chargés de retransmettre depuis Singapour les festivités. Tout était préparé aux frais du contribuable-qui-croûle-déjà-sous-les-dettes pour la grande fête ce soir. Mais ça, c'était à l'aller, vers 11 heures du matin. Ce soir, au retour, Daru a pu voir à quel point ils avaient la queue basse, les joyeux festivaliers.
Vous pouvez nous traiter de tous les noms, de rabat-joies, de connards qui n'ont rien compris à ce que les jeux auraient pu nous apporter... De je-ne-sais-quoi-encore. Mais vos remontrances, on s'en fout (vous pouvez toujours mettre des commentaires ceci dit). D'abord, venez donc vivre à Paris quelques jours, "je vous invite tiens, comme D.". Vous vous rendrez compte du bordel qu'impliquerait une organisation des Jeux. Déjà, quand le grand seigneur de cette magnifique République de Chine se déplace à Paris pour rencontrer l'ami Jacques 1er c'est la merde pour circuler, alors des jeux olympiques...

Oui bah vous allez dire: "bouh le pauvre petit, il se plaint de ses petits tracas quotidiens, bouh le vilain il pense pas à tous les avantages des jeux pour l'emploi et l'économie". Ah oui ça, parlons-en, et passons par Athènes: 8 euros le café, qui est preneur? Sûrement pas les clients de l'Oratoire, en tout cas, soit dit en passant (mais la gérante, elle, n'est pas contre, parce qu'ils font chier à demander des cafés dans un café... bordel est-ce que je suis là pour servir des cafés dans mon café moi?). Et puis vous pouvez dire que je suis égoïste, mais pour une large part ce sont les mêmes bobos (et autres) qui aujourd'hui pleurent la victoire de Londres, qui hier disaient qu'il fallait absolument voter "Oui" au traité constitutionnel parce que "l'Europe, môssieur j'y crois, moi, môssieur". Bah elle est belle la grande idée fédératrice d'une belle Europe unie (dans la concurrence libre et non faussée), elle est belle la solidarité européenne (y compris envers le plombier polonais qui maintenant en plus de nous piquer notre boulot nous pique notre femme), pronée à tout va pendant des semaines et mise à mal du jour au lendemain dès qu'il s'agit de défendre une pauvre candidature à des Jeux Olympiques "seul contre tous", et surtout contre les autres pays européens.

Bref, après une campagne de publicité sans précédent (même pour le traité constitutionnel, on n'avait pas eu droit à tout ça, les banderoles "l'Amour des Jeux"), après des discours complètement lamentables de notre (supposé) Président sur la bouffe anglaise (en effet il a manqué une occasion de se taire, malgré tout le mal que Daru pense de ladite bouffe anglaise), on va peut-être (et malheureusement c'est un très gros: peut-être) enfin parler des vrais problèmes. Car les Français n'en ont rien à foutre des Jeux, parce qu'ils sont en train d'essayer en vain de vivre, de bouffer tandis que le président de Carouf se casse avec la tirelire.

Les vrais problèmes, comme le Sida en Afrique, par exemple. Enfin parler des vrais problèmes c'est vite dit parce que j'oubliais que notre cher Président n'a qu'une estime toute relative de nos amis les Pigmées d'Afrique: parce que "les Africains sont joyeux par essence" dixit notre Président Jacques Chirac en Novembre 2004 (si ma mémoire est bonne), ils sont là, sur le bord de la route, ils sont contents, ils font des signes...

Après ça, parlons du Sida, du tiers monde, de la couche d'ozone et (plus près de chez vous) des délocalisations, de la libéralisation exacerbée des services, de l'économie qui part en couille... Et traitez-moi de rabat-joie si vous voulez, mais les Jeux, j'en ai vraiment rien eu à battre, encore moins maintenant.

15.06.2005

Le bobo parigot

Le bobo, traduisez le bourgeois bohème, véritable espèce en voie de surpeuplement nauséabond dans la "ville où se déroule un truc a la fois branchouille, à la fois intéressant, à la fois utile pour une population défavorisée (mais des pauvres à Paris sont forcément "importés", ex le fameux roumain alias l'homme à la raclette savonneuse pour pare-brise stationnant au feu rouge, encore une victime de la mondialisation ou du label commerce équitable pour faire concurrence aux chaînes de lavage auto capitalistes... Enfin bref, le roumain est la cible sarkosienne par excellence, tout comme la prostituée des Pays de l'Est) et à la fois tellement "France d'en bas" ah décidement quelle belle formule raffarinienne j'ai nommé ladies and gentlemen: Paris Plage...

Le bobo se délecte de l'air surpollué parisien avec ses cheveux faussement négligés (le fameux effet coiffé décoiffé du bobo); il porte une veste noire cintrée et un jean coupe large aux chevilles avec des chaussures négligemment mal entrenues... Oui le bobo n'est qu'un bourgeois qui inconsciemment se veut "France d'en bas"...

Le bobo parigot est le petit con toujours pressé qui possède une Smart garée comme une merde devant une entrée d'immeuble dans les beaux quartiers ou un vélosolex (tellement branché le solex, isn't it?) ou un vélo style bicyclette de grand père bien pourrave mais là encore tellement tendance car le bobo tout comme la racaille de banlieue obéit à un code vestimentaire déterminé et à une ligne de conduite précise.

Le bobo croit qu'il est intelligent, aussi il s'efforce vainement de poser question sur question voulant montrer sa supériorité intellectuelle mais le bobo se trompe car là encore le fils d'ouvrier se montre particulièrement efficace pour lui faire fermer sa gueule et le laisse sur le carreau au cours de ses études qui, elles, ne sont pas payées par Papa Bobo et Maman Bobo (allez faire un tour dans les facs (ah, "les facs") et vous verrez les bobos dans les couloirs qui se la racontent).

Le bobo n'est pas foncièrement méchant, c'est vrai, mais il est foncièrement con voire dangereux car il peut vous entraîner dans son mode de vie: vous allez voir que votre carte bleu Teoz de la Caisse d'Epargne et votre livret jeune à La poste vont prendre une sérieuse claque (dans la gueule) et même si la Société Générale (dans son immense générosité ou "France d'en bas") vous propose son piège à cons financier c'est-à-dire les 460 euros de découvert sans agios, vous allez pleurer quand votre banquière (qui bizarrement ne vous aura jamais autant appelé ou textoté (mode de communication ultime du bobo) vous coupera la carte bleue devant vos petits yeux désespérés alors que votre nouvel ami bobo, lui, recevra par virement automatique ses 1500 euros hebdomadaires du compte en banque secret aux Iles Caiman de Papa Bobo et ses 500 euros en liquide quotidiens de Maman Bobo...

Concernant les goûts musicaux du bobo, il aime Vincent Delerm, Benabar (un anagramme bien pourri de barnabe) ou encore Casimir pour le bobo homosexuel faussement branché trentenaire. Mais attention, le bobo aime à raconter qu'il écoute du rap dur style Corneille et Mc Solaar...

Le bobo est une espèce de parasite societal qui vit de l'air du temps et des revenus de sa famille et qui est la parfaite illustration moderne de la cigale de La Fontaine.

En bref, le bobo est un bourgeois qui aime se confronter à des défis presque surhumains du style partir en camping trois étoiles avec moins de 2000 euros sur son compte pour le week-end, un truc de ouf comme ils disent (le bobo pique les expressions des racailles pour être dans le coup, faire branchouille).