14.02.2006

La suite...

>>> zoopôlitikon

29.07.2005

Identité

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Vous voulez en savoir plus sur cet homme? (qui tel un Monsieur D en puissance, est en train de s'abrutir - enfin, manière de parler, n'est-ce-pas - devant la télé, une télé très "France d'en Bas" si vous remarquez bien, préférant volontiers le plantage de Discovery ("ah c'est bien Star Wars"...) aux dossiers alarmants et urgents de son bureau. De toute façon, si jamais il y a un problème, il lui suffit de soulever le bout de moquette négligeamment posé devant la fenêtre, et d'appuyer sur le bouton depuis sa cave humide (comment ça, ça vous dit quelque chose?).

Daru vous présente la base de donnée internet où tout le monde peut voir des renseignements sur à peu près tout le monde, en passant par votre passeport. Vous pouvez vérifier si des renseignements vous concernant y sont aussi : il suffit juste de noter son prénom et son nom et ils donnent l'adresse et la photo. Vu que c'est un service planétaire, ça devrait marcher. Par contre, pour moi ça ne marche pas; je ne doute pas que Monsieur D trouve sa photo, ainsi d'ailleurs que le personnel de PJ.

21.07.2005

Appel au (très) peu d'intelligence qui vous reste, Monsieur D

Message: "Salut pauvre tache t'as vu je t'ai encore soigné le portrait sur daru salut a bientot"

Réponse: vous voulez me faire croire que vous avez fait un portrait alors que vous n'avez aucune compétence (alors deux, ça me fait bien marrer) en retouche d'image, mais bon comme d'habitude il faut que vous fassiez comme Monsieur B alors résultat vous vous rétamez ce qui vous reste de tête par terre à essayer de faire du pseudo-collage mal fait d'une photo sur une autre bref: pitoyable. J'ai honte pour vous (si ce n'est de vous). Cessez donc de vouloir toujours faire comme votre camarade Monsieur D, vous êtes un vaurien. Vous n'êtes même pas foutu de taper une note correctement: vous ajoutez des tirets, pour faire une espèce de séparation qui ressemble - je vais vous dire à quoi elle ressemble votre pseudo-séparation-de-designer-HTML-qui-se-néglige-(beaucoup): elle ressemble à ce pan de mur qui séparait votre logement avec Monsieur LeM, voilà tout. C'est dire que votre séparation est complètement pourrave.

La liste serait trop longue des choses que vous reproduisez à l'identique en voyant la situation, du fait d'un manque de personnalité évident, ou plutôt par manque de cerveau (car vous pouvez rigoler sur les effets de l'alcool sur mon cerveau, Monsieur D, mais vous l'alcool ne risque pas de faire d'effet puisque de cerveau vous n'en avez pas).

 

medium_images.6.jpgVous arrivez à Paris, et tout ce que vous trouvez à dire à votre retour: "oui bah moi je vais m'acheter un iBook", soit-disant parce que l'iBook ça fait bien, ça fait subversif, et c'est classe. Mais mon pauvre, vous savez très bien vous même que vous avez déjà un ordinateur et que votre iBook ne sera jamais classe dans votre logement jauni par le shit et autres substances complètement licites, par exemple les cours de Ga(n)ja que vous fumez allègrement (et en plus la connexion WiFi de l'université de Tours, dont vous bénéficiez sans autorisation donc tout à fait illégalement, ne sera pas reconnue sur votre iBook). Alors pour l'instant, vous vous contentez, vous Monsieur D, d'un pauvre fond d'écran avec quatre iPod qui vous font rêver (oui, quatre et non pas un seul car la démesure vous connaissez vous D), pour encore une fois faire comme Monsieur B. Mais enfin Monsieur D, vous aimez la musique, VOUS? "Oui moi j'écoute de tout"... ce qui signifie que vous n'écoutez rien, D.

Vous rêvez d'entrer un jour dans cette bibliothèque universitaire qui vous tend les bras depuis deux ans et où vous n'avez pourtant jamais mis les pieds autrement que pour recharger une carte qui ne vous appartient même pas et, selon vous, pour bénéficier des fauteuils "parce que les fauteuils c'est mieux que les chaises" (sic). Mais regardez votre situation et surtout regardez vous dans un miroir Monsieur D avec pour une fois un peu de lucidité, ce n'est que du n'importe quoi du début à la fin.

Et, last but not least, votre situation en matière d'éducation (mais peut-on encore parler d'éducation d'un jeune comme vous qui n'a jamais rien saisi à la vie) qui, avouez-le une bonne fois pour toute, ne vaut pas plus cher qu'une pièce de 20 centimes de francs (anciens). Vous êtes dans une situation précaire, vous n'avez jamais connu autre chose que les CDD. Votre séjour en prépa n'a pas duré le tiers du mien (et vous ne l'avouerez jamais, hein Monsieur D, pourquoi on vous a foutu à la porte mais je vais le dire, moi: vous avez voulu soustraire frauduleusement le CD d'installation de Mécaplan Wips de Roger). Votre séjour en médecine, n'en parlons même pas. Et enfin votre intérêt supposé pour le droit, mais personne n'est dupe, Monsieur D: là encore vous voulez faire du droit parce que Monsieur B en fait déjà, et comme vous n'êtes pas fichu de savoir où vous voulez aller, vous vous contentez de reproduire les choix des autres, en espérant vous en sortir aussi bien.

Et que dire, oh que dire, de vos supposés talents en écriture quand vous ne connaissez même pas les touches pour faire les accents et autres circonflexes sur votre pauvre clavier.
Bref, je vous entends déjà dire: "oui peut-être mais au moins moi je n'ai pas le lamentable tableau des échecs amoureux de Monsieur B". Mais je vais vous répondre, Monsieur D, avant que vous ne vous abaissiez à sortir cet argument merdique (d'ailleurs là aussi vous ne pouvez pas vous empêcher de comparer avec les autres hein c'est votre fort ça): vu votre état, votre compagne devrait se méfier, voilà tout. Vous êtes Docteur Jekyll et Mister Hyde, mais pardon je parle en anglais alors que vous n'y connaissez rien (malgré tous vos efforts pour essayer de me piéger avec votre Half-Blood de merde dont je n'ai rien à faire et que surtout je ne verrai jamais nulle part dans ma vie).

PS: pas la peine d'essayer d'utiliser le canal historique ce soir, je dors car j'ai une vie normale (moi). Non mais. Touriste, va.medium_images-1.jpg

19.07.2005

Gaymard & Co

Hauts fonctionnaires, grands logements et tout petits loyers

Un rapport cinglant dénonce une «privilégiature» de salariés logés par l'Etat.

Par Tonino SERAFINI

mardi 19 juillet 2005 (Liberation - 06:00)

L'attribution de logements de fonction sous couvert de «nécessité absolue de service» (NAS) ou d'«utilité de service» (US) sert-elle à perpétuer d'incroyables privilèges bénéficiant à une minorité de hauts fonctionnaires logés dans des appartements somptueux gratuitement ou pour un loyer de chambre de bonne ? C'est ce que démontre un rapport cinglant de la mission d'évaluation et de contrôle de l'Assemblée nationale publié récemment. A l'appui de son propos, la mission cite quelques exemples croustillants de toute une «privilégiature» hébergée aux bons soins de l'Etat dans son patrimoine public. Florilège : le directeur de la bibliothèque de l'Arsenal est logé dans un appartement de 230 m2 au coeur du Marais pour un loyer de... 500 euros. Un des directeurs du Centre national des arts plastiques paye un peu plus cher (600 euros) pour un logement pourtant plus «petit» (141 m2) dans le XIIIe arrondissement. Le directeur du Conservatoire national supérieur de musique de Paris : 200 m2, 8 pièces et zéro euro de loyer. Zéro aussi pour le directeur de la bibliothèque du Centre Pompidou, qui occupe un magnifique 219 m2 rue de Venise, à côté de Beaubourg.

La mission parlementaire estime que la «valeur locative» de cet appartement est «supérieure à 10 000 euros». Un chiffre sans doute exagéré. Mais l'avantage en nature est probablement de l'ordre de 6 000 à 7 000 euros.

Tous ces avantages bénéficient à des cadres supérieurs de la fonction publique, disposant déjà de traitements confortables. En outre il n'est pas certain que leurs contraintes de service justifient réellement l'attribution d'un logement gratuit à proximité de leur lieu de travail. Que dire en ce cas des contraintes de service des infirmières des hôpitaux parisiens, travaillant la nuit, les dimanches, les jours fériés, et obligées d'habiter en grande banlieue et à leurs frais, faute de moyens pour se loger dans la capitale ?

Carence. L'attribution de ces logements du domaine public est loin d'être transparente, comme l'a déjà souligné la Cour des comptes à propos du ministère de la Culture qui dispose de près de 700 appartements, souvent dans les beaux quartiers parisiens. Extraits cités par la mission d'évaluation et de contrôle : «L'attribution de ces logements est faite souvent au mépris des dispositions réglementaires [...]. Le ministère n'a pas été en mesure de produire un tableau complet et à jour des logements de fonction situés dans les immeubles de l'Etat.» Cette «carence d'information» permet «à chaque service [d'agir] comme bon lui semble, et sans directive fixant les règles d'attribution». Les plus grandes incertitudes pèsent sur le nombre d'agents bénéficiant de logements. «Ni les domaines ni les ministères ne tiennent de liste à jour, déplore le rapporteur. Il y aurait entre 94 000 et 137 000 logements de fonction pour les agents de l'Etat.» Le premier chiffre résulte d'un agrégat de données fournies par les ministères. Le second émane de l'Inspection générale des finances.

Critères. Des carences que l'on retrouve dans toute la chaîne de la gestion immobilière du patrimoine de l'Etat (lire ci-contre). En ce qui concerne ces logements de fonction, on ignore totalement les critères de fixation des loyers, souvent inférieurs à ceux pratiqués en HLM où logent pourtant des populations défavorisées et dans des quartiers moins chics. «Selon l'Inspection générale des finances, la valeur locative de ces 137 000 logements représente 1,4 milliard d'euros.» Mais l'Etat n'encaisse que... 30 millions d'euros de loyers.


Gestion à revoir

L'exemple est abondamment cité car il est révélateur des carences de l'Etat dans la gestion de son patrimoine immobilier : il y a plusieurs années déjà, l'ENA a été délocalisée à Strasbourg. Depuis, l'immeuble qu'elle occupait rue de l'Université, dans le centre de Paris, est a priori vacant. Mais les services de l'Etat n'ont pas trouvé d'affectation pertinente pouvant justifier son maintien dans le patrimoine public, ni procédé à sa cession, à un moment où le marché immobilier permettrait de vendre au meilleur prix ce patrimoine. Motif du statu quo : le bâtiment est occupé encore «par quelques fonctionnaires et quelques stagiaires étrangers pour lesquels aucune solution de réimplantation n'est actuellement trouvée», pointe la mission d'évaluation et de contrôle (MEC).

Selon le rapport, l'Etat posséderait plus de 28 000 immeubles dont la valeur totale est estimée à 32,8 milliards d'euros. Un patrimoine colossal qui n'est pas toujours géré au mieux. Cependant, à force de vouloir démontrer que l'Etat gère mal, contrairement au secteur privé qui serait très vertueux, les parlementaires membres de la MEC commettent quelques erreurs d'appréciation : la mission juge anormal que 10 % de la surface des bureaux de la Grande Arche de la Défense soient vides. Or ce taux se retrouve souvent dans des immeubles de bureaux privés.

Au final, le rapport débouche sur quelques pistes intéressantes : il propose de donner à l'administration des Domaines des prérogatives de gestionnaire immobilier chargé de définir des axes stratégiques pour ce patrimoine d'Etat. Il propose aussi de faire payer aux ministères un loyer pour les locaux qu'occupent leurs services, histoire de les obliger à rationaliser l'utilisation des bâtiments.

14.07.2005

Monsieur D, Mission Impossible III

Daru présente en exclusivité le parcours de Monsieur D., parcours chaotique s'il en est, comme vous allez le constater. Attention les yeux (et la tête car c'est plutôt long).

Au sortir du bac (voir la note sur la pseudo surdouée), M. D. ne savait pas quoi faire; vous me direz, quoi de plus normal, finalement, pour un nouveau bachelier. Le problème est que cette incertitude n'a jamais quitté M. D. Il n'a jamais su quoi faire, le pauvre. Sûrement un syndrome post-traumatique, mais la psychologie estampillée Carrefour c'est pas ici.

Malheureusement pour lui, M. D a consulté un conseiller d'orientation, qui comme tous les autres conseillers d'orientation, avait suivi pour exercer son métier (enfin peut-on appeler ça un métier?) une formation (très légère) en psychologie. Ce conseiller d'orientation n'a pas été en mesure de prendre M. D en main dès le début, et son syndrome post-traumatique n'a été que renforcé (la preuve, hein, regardez où vous en êtes, M.D bon alors vous avez votre DEUG d'accord c'est bien mais je vais vous dire un truc, moi: le DEUG ça n'existe plus alors bon vous pouvez toujours présenter un DEUG à quelqu'un, mais vous aurez pour toute réponse un coup de pied au c_l avec: "on n'apprend pas la grimace à un vieux singe sur la tête d'une mouche avec un marteau"). Bref, M. D n'a pas su quoi répondre face à ce conseiller qui, croyant qu'il avait à faire à un futur ingénieur en puissance (bons résultats, bonne tête, bon lycée, bons parents, j'en passe et des meilleures), lui a enjoint de s'inscrire en prépa... dans le lycée où il allait, in extremis (et je pèse mes mots, on a eu chaud, Monsieur D et moi), faire la connaissance d'un encore-plus-dépravé-que-lui, M. B (alias, l'auteur de ces lignes). Alors il peut remercier le conseiller d'orientation, M. D, car sinon... heu... disons que ce blog n'existerait pas (ce blog étant le symbole de quelque chose que je n'ose même plus nommer "amitié" depuis les cours de français en prépa et les ambiguités recensées dans les ouvrages obligatoires).

Mais n'allons pas trop vite. Comme vous l'aurez remarqué au terme de votre lecture, M. D a le don pour faire monter les statistiques d'échec en prépa, en médecine (et je m'arrête là, je ne doute pas que ce soit définitif, hein Monsieur D., parce que vous allez découvrir la BU l'année prochaine), bref partout où il passe. Il est même capable de fausser toutes les moyennes du premier trimestre de prépa à Tours, puisque M. B — qui avait pourtant tout fait pour y arriver — se retrouve 43è sur 44, avec la pôle-position pour... cet éternel absent qu'est M. D.

M. D est donc arrivé au lycée Descartes à Tours, avec, déjà, une ambition inconsciente: tout faire pour que ça foire. Après une première khole où il a quand même réussi à majorer et à écraser LeM qui croyait dur comme fer qu'il aurait la fonction tangente, il s'est vaguement amusé à recopier les raisonnements de son voisin de galère, un certain LeM — le même que la première khole, car il n'est pas rancunier — (ah c'est rigolo ça, lui il s'appelle LeM et moi c'est M c'est rigolo ça hein tiens TA GUEULEEEEEEE!!!). Puis il s'est rendu compte que les raisonnements de LeM n'étaient en fait que le résultat, et qu'il avait l'air con, Monsieur D, avec des résultats sortis de nulle part (en tout cas certainement pas de sa tête). Alors M. D a fini par échouer au fond de la classe, derrière un poteau, et il a soudain ouvert les yeux: tout à coup, son oeuvre à Descartes arrivait à échéance, et il lui fallait se casser au plus vite. Remarquez bien que, inconsciemment, il s'était déjà rapproché de la porte. Ce jour là, avec une VRP de Décathlon au tableau expliquant que "décidément les résultats de DS de Maths n'étaient pas bons" (et surtout pour M. B d'ailleurs hein mais lui on se demande pourquoi il vient en cours s'il n'a pas décidé de travailler), M. D et M. B ont engagé un dialogue charnière, comme celle (la charnière) de la porte derrière Monsieur D, qui, prenant un faux air de bon élève affirma ce jour-là à Monsieur B dépité: "moi je me casse". Donc cet échange n'a plus cessé depuis. Enfin plutôt si, il a cessé dès le lendemain, car M.D est effectivement parti dès l'heure suivante, comme ça, à la manière d'un singe qui va se cacher quand il a fait une bêtise (car il n'avait pas la conscience tranquille, Monsieur D, d'avoir laissé un ami tout seul avec des fous).

M. D s'est donc retrouvé à la fac de médecine, avec plusieurs semaines de retard (oui, déjà...) sur le programme, qu'il a rattrapé comme un plombier polonais travaillant de nuit dans une succursale d'Adequat (tel 01 48 05 56 33). Là, M. D a surpris tout le monde: sa situation était lamentable, certes, mais M. D a réussi à la faire tenir, et il s'en est sorti (enfin, sorti, au sens littéral du terme). Oui une situation pitoyable, M. D enfourchant son vélo le matin, avec des chemises de trois jours, manquant de se prendre sur le chemin un VTT conduit par un certain Roger ("ahhhh, c'est un peu trop bien j'ai mis la direction assistée sur mon vélo hein"), et arrivant dans un amphi fermé, où forcément toutes les vapeurs d'alcool (et autres) de M. D lui ont permis d'acquérir une forte réputation dans la promo. Il faut préciser en outre que M. D, dans ces moments déjà pas glorieux, se permettait de l'ouvrir, les bras levés vers le ciel, affirmant par exemple avec une assurance sans nom (et complètement risible): "Ahh, mais on l'a déjà vu tout ça!!".

Bref tout le monde dit que seuls les rats survivraient à une attaque nucléaire, mais je vous livre en exclu que les rats ET MONSIEUR D survivraient à une attaque bactériologique perpétrée par des Chomiennards. Sa force de reconversion lui a en effet permis de rebondir, peut-être d'ailleurs un peu trop puisque M. D s'est rétamé la gueule par terre à cause d'un numerus clausus de merde (et parce que des jeunes étudiantes brillantes —forcément des femmes, hein, n'oubliez pas que c'est Monsieur B, avec tout son ressentiment, qui écrit — lui avait grillé la priorité à l'examen), une première fois (disons que c'est courant), puis une deuxième fois, car il faut faire les choses bien (et là, disons que c'est compréhensible).

Mais la très impressionnante capacité d'adaptation (ou, plus à la mode: la fle-xi-bi-li-té) de M. D est alors intervenue à nouveau. M. D. est définitivement un ancien singe (oui, Mme D, je suis navré de devoir vous l'apprendre) reconverti à de multiples reprises donc d'abord en épluchage de peaux humaines (phase d'apprentissage) à l'Université François Rabelais de Tours (heinnn??? la fac??), comme nous l'avons vu précédemment, puis en épluchage de carottes dans la même université (au sous-sol, pour la cantine du staff). Accessoirement il a pris une inscription — en plus de son CDD d'hotellerie, car M. D a depuis toujours le goût pour les doubles compétences — dans le domaine juridique (c'est la même chose que l'épluchage de carottes, sauf qu'on utilise des mots, c'est un peu plus intellectuel, pour ceux qui ne suivent pas).

Il faut d'ailleurs préciser qu'à ses heures perdues, M. D s'entraîne tout seul à l'épluchage, et de préférence chez les autres (car il sait très bien que cet entraînement cause des dégats), le (petit) problème étant qu'il essaye d'éplucher les murs de l'appartement de son pote (comprendre: "enlever le papier-peint" mais chut, car l'ami hésite même à revendre son animal domestique qu'il croit en cause dans l'histoire). Cette crise nocturne, il ne l'explique pas lui-même. Alors après, M. D, n'allez pas me faire croire que tout va bien alors que vous êtes un maniaco-dépressif en phase terminale.

Mais aujourd'hui M. D a délaissé son CDD au sous-sol pour s'investir au maximum dans son droit. Aussi, il semble être sur une rampe de lancement, mais reste à savoir où il va atterir, et surtout: comment. Car à n'en pas douter, la mission de Monsieur D va prendre un tournant majeur à la rentrée prochaine, où il va devoir intégrer un des groupes de première année. Vous me direz, mais pourquoi intégrer des premières années alors qu'il entrera dans sa troisième? C'est à cet étape du parcours chaotique de Monsieur D que nous apparaît bien plus évidente encore sa difficulté à savoir ce qu'il fait.
Car Monsieur D, inconsciemment, a cherché à reproduire les échecs qui caractérisent son parcours. Lors du premier cours d'introduction au droit, un professeur a précisé avec force l'importance de se tenir à jour et de lire le maximum de droit, en passant évidemment par le temple de la connaissance juridique, le Saint Graal de l'étudiant en droit, la Bibliothèque Universitaire (ou BU). Le professeur en question a d'ailleurs proposé aux étudiants de son amphi de le suivre jusqu'à la BU pour une petite initiation à la recherche documentaire. 99,7% des étudiants se sont exécutés, avides de savoir où est l'étage du droit à la BU et comment rechercher dans le Recueil Dalloz. Or, avec son esprit de contradiction, Monsieur D n'a pas pu s'empêcher de crier: "mais on l'a déjà vu, ça!" (et oui, vous avez déjà LU ça aussi) avant de s'enfiler un sandwich (car il était 12h, et Monsieur D mange un sandwich à midi, c'est comme ça) en attendant le retour des étudiants désormais avisés. Vous l'aurez compris, Monsieur D, étudiant en droit, n'a jamais mis les pieds à la BU, ou plutôt n'a jamais mis les pieds à l'étage consacré au droit à la BU de l'université de Tours. C'est incompréhensible, c'est lamentable, c'est nul, mais "bon voilà, Monsieur D, vous faites du tourisme dans vos études de droit" et il va falloir faire quelque chose. Le souci avec Monsieur D, c'est qu'il est brillant quand il s'y met (et surtout quand il lit des mots et que ça l'intéresse, ce en quoi il est totalement en phase avec Monsieur B) et que, de fait, il a eu ses examens malgré ce lourd handicap qu'est la méconnaissance de la recherche documentaire juridique (vaste programme). Avec les espoirs nés de sa réussite (chose pour laquelle il n'a jamais été préparé) jusqu'à présent dans ses études juridiques, il envisage même une formation dite "Double Compétence" (sic et resic), car au delà de deux compétences Monsieur D est largué. Monsieur D a ainsi obtenu de l'université de Tours qu'on crée un Master rien que pour lui, qui permettrait de ne pas faire que du droit mais pas non plus que de la bioch.

Mais en dépit (voire, en partie grâce à) de ces aventures (mais non, pas celles-là, d'aventures, Mme D, enfin!), Monsieur D. est quelqu'un de bien. Non pas un brave type, un mec sympa, mais bien plus que ça. C'est Monsieur D, l'unique, l'exceptionnel, Monsieur D, quoi, avec son intelligence, sa pertinence, sa clarté d'esprit, sa lucidité, sa culture, ses coups de gueule, ses imitations de PJ, et (last but not least) sa compassion quand il regarde Monsieur B, qui lui demande, les yeux brillants, et pour la troisième fois en 4 minutes 34: "tu fumes, toi?" (variante du "il est où le hakik"). La gentillesse (et on va arrêter là avec les adjectifs flatteurs parce que bon, Monsieur D, vous avez arrêté la prépa hein) de Monsieur D aura aussi permis à Monsieur B. de prendre conscience de son propre état et de se libérer des chaînes de l'addiction dans laquelle il était plongé, à savoir la consommation déraisonable de raisins secs. Bref, même si vous vous êtes déjà autoproclamé comme tel (usurpateur de titre! un petit coup d'expropriation de fait, un tout petit coup d'indemnisation et hop), la palme du meilleur ami toutes catégories vous revient, Monsieur D.

Je vous adresse, M. D et Mme D. ma sincère reconnaissance pour votre approvisionnement en pommes séchées. Soyez en remerciés jusqu'à nouvel ordre (ce qui signifie: jusqu'à ce que la place des pommes séchées ait pris celle des raisins secs il y a quelques mois, soit celle d'une drogue).